Véhicule qui ne roule plus : à qui le vendre et comment

Ta voiture ne démarre plus et tu veux t'en débarrasser ? La loi est claire : un particulier ne peut pas te l'acheter. Qui peut, et comment ça se passe.

Mis à jour le 17 septembre 2026

La règle : pas de vente à un particulier

Un véhicule qui n'est plus en état de rouler, que ce soit une voiture, une camionnette ou une moto, ne peut pas être vendu à un particulier, même en pièces détachées. La seule vente légale possible est à un professionnel de l'automobile. Cette règle protège autant l'acheteur, qui pourrait se retrouver avec un véhicule impossible à immatriculer, que l'ensemble du système : un véhicule non roulant ne peut plus recevoir de procès-verbal de contrôle technique mentionnant ce statut, ni une carte grise qui le préciserait.

Sur les groupes de vente entre particuliers, cette règle est parfois ignorée : des annonces proposent un véhicule « pour pièces » ou « à réparer » directement à d'autres particuliers. C'est une zone grise que la loi ne laisse pourtant pas ambiguë : si le véhicule ne roule plus du tout, la vente à un particulier n'est légalement pas possible.

Garder le véhicule pour un usage personnel

Tu as le droit de conserver chez toi un véhicule qui ne roule plus, à deux conditions : récupérer et réutiliser certaines pièces pour ton usage strictement personnel, ou transformer, réparer, réhabiliter ce véhicule toujours pour ton usage personnel. Dans les deux cas, tu dois faire une déclaration de retrait de la circulation, une démarche distincte de la déclaration de cession.

Cette option convient si tu prévois de remettre le véhicule en état toi-même, sur plusieurs mois, sans intention de le vendre en l'état entre-temps.

La remise à un centre VHU agréé, gratuite

Si tu veux simplement t'en débarrasser, tu dois obligatoirement le remettre à un centre agréé de traitement des véhicules hors d'usage (VHU), pour une voiture particulière, une camionnette, un véhicule à 2 ou 3 roues motorisé, ou un quadricycle à moteur.

Cette reprise est gratuite, à condition que le véhicule ait encore ses composants essentiels : groupe motopropulseur, pot catalytique pour les véhicules qui en étaient équipés à l'origine, et carrosserie. Le véhicule ne doit pas non plus contenir de déchets ou d'équipements non homologués qui y auraient été ajoutés. Des frais de remorquage peuvent en revanche s'appliquer si le centre doit venir le chercher.

Comme pour une vente classique, tu remets le certificat d'immatriculation au centre, en écrivant lisiblement dessus « vendu le » suivi de la date et de ta signature, avec la mention que la cession se fait pour destruction. Le centre VHU te délivre ensuite un certificat de destruction : garde-le précieusement, c'est la preuve que tu n'es plus responsable du véhicule.

Trouver un centre agréé

La liste officielle des centres VHU référencés dans le système d'immatriculation des véhicules est publiée sur le site de l'ANTS. Vérifier l'agrément avant de t'y déplacer est important : un centre non agréé n'est pas tenu à la reprise gratuite et le certificat qu'il délivre n'a pas la même valeur administrative.

L'abandon, une infraction sanctionnée

Laisser un véhicule non roulant sur la voie publique, un terrain qui n'est pas le tien, ou même un terrain privé sans autorisation, constitue un abandon puni par la loi. L'amende va de 1 500 euros pour une personne physique jusqu'à 15 000 euros en cas de récidive pour une personne morale. Face à ce risque, la remise gratuite à un centre VHU reste, dans presque tous les cas, la solution la plus simple.

Et si le véhicule redevient roulant ?

Si tu répares ton véhicule et qu'il redevient capable de circuler, les règles normales de vente s'appliquent à nouveau : contrôle technique si l'âge du véhicule l'impose, certificat de situation administrative, certificat de cession. À ce moment-là, tu peux publier une fiche classique sur le guichet, comme n'importe quel autre véhicule du groupe.

Vendre les pièces séparément, un piège fréquent

Certains propriétaires de véhicules non roulants pensent contourner l'interdiction en démontant et en vendant les pièces une par une à des particuliers plutôt que le véhicule entier. Ce n'est pas plus légal : la loi précise que la vente à un particulier est interdite même en pièces détachées, pas seulement en véhicule complet. Un centre VHU agréé reste la seule voie légale, y compris si ton objectif est simplement de valoriser quelques pièces avant la reprise.

Certains centres acceptent de discuter avec toi des pièces qu'ils comptent conserver ou revendre eux-mêmes après dépollution : rien ne t'empêche d'en parler avec eux avant de leur remettre le véhicule, mais la vente directe de pièces à un particulier extérieur, elle, reste hors des clous.

La différence entre non-roulant et simplement en panne

Il ne faut pas confondre un véhicule non roulant au sens légal et un véhicule simplement en panne ou nécessitant une réparation. Une voiture avec un problème d'embrayage, une batterie à plat, ou un pneu crevé reste, dans l'immense majorité des cas, un véhicule roulant au sens de la loi : elle peut être réparée facilement et reprendre la route. La notion de véhicule non roulant vise les cas où le véhicule ne peut structurellement plus circuler par ses propres moyens, souvent après un accident grave, une casse moteur majeure, ou un abandon prolongé.

Si tu as un doute sur la situation de ton véhicule, la meilleure indication reste le résultat d'un contrôle technique récent : s'il mentionne une ou plusieurs défaillances critiques, la vente à un particulier n'est plus possible tant qu'elles ne sont pas corrigées.

Questions fréquentes

Puis-je vendre mon véhicule non roulant à un particulier ?

Non, même en pièces détachées. La loi réserve cette vente aux professionnels de l'automobile. Un véhicule non roulant ne peut plus obtenir de procès-verbal de contrôle technique ni de carte grise portant cette mention.

La reprise par un centre VHU est-elle payante ?

Non, elle est gratuite si le véhicule a encore ses composants essentiels (moteur, pot catalytique, carrosserie) et ne contient pas de déchets ou d'équipements non homologués ajoutés.

Que se passe-t-il si j'abandonne mon véhicule au lieu de le remettre à un centre agréé ?

L'abandon d'un véhicule est passible d'une amende de 1 500 euros pour une personne physique, jusqu'à 15 000 euros en cas de récidive pour une personne morale.

Je veux garder des pièces avant de m'en séparer, c'est possible ?

Oui, si c'est pour un usage strictement personnel : récupérer des pièces, réparer ou réhabiliter le véhicule. Tu dois alors faire une déclaration de retrait de la circulation.

Comment je trouve un centre VHU agréé près de chez moi ?

La liste officielle des centres référencés est publiée sur le site de l'ANTS. Vérifie l'agrément avant de t'y rendre, une reprise gratuite n'est due que par un centre agréé.

Sources

Ton véhicule roule encore ? Dépose ta fiche sur le guichet et trouve un acheteur.

Déposer mon annonce

Autres guides